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Des tortues marines sur la côte ouest africaine : biologie et répartition, conservation, menaces et représentations

Dimanche 15 juin 2008

Contexte géographique et répartition:

L’archipel des Bijagos se situe sur la côte de Guinée-Bissau et est composé d’un complexe de 88 îles, dont les 2/3 sont habitées. Ces îles se trouvent essentiellement sur la plate-forme continentale marine de toute la côte occidentale africaine, qui couvre environ 53 000 km2. Elles sont caractérisées par des entrées d’eau douce des fleuves et par des courants marins venant du nord comme du sud, variant selon les saisons de l’année, et alimentées par de phénomènes de résurgence (upwelling).
Les eaux de l’archipel sont riches en nutriments, constituées d’une chaîne trophique complexe, dans laquelle les systèmes maritimes sont en contact direct avec les écosystèmes côtiers à travers des systèmes biotiques et abiotiques complexes.
De ce fait, il existe le long de cette plate-forme, des aires tant marines que terrestres avec diverses fonctions, comme des aires de croissance et de reproduction d’espèces (indicatrices) pour les tortues ou les oiseaux, des corridors de migration, des zones riches en nutriments et en aliments, des aires de croissance. Les zones sont recouvertes par diverses espèces végétales marines, qui ne sont pas encore toutes connues, constituant une mosaïque d’écosystèmes à l’intérieur de la réserve. 

Aspects biologiques généraux des tortues marines

Les tortues marines sont des reptiles qui existent depuis plus de 180 millions d’années. Dans le monde il existe approximativement près de 250 espèces de tortues réparties en 12 familles. Seulement huit sont des espèces marines, présentant quelques caractéristiques communes : l’extrémité de leur carapace, la tête, les membres. Ces espèces ont des habitudes alimentaires différentes. Par exemple la tortue verte est herbivore, la tortue Luth s’alimente de méduses et d’éponges et les tortues de Kemp consomment une grande quantité de crustacées et d’autres invertébrés.

Les tortues marines passent la plus grande partie du temps dans l’eau, à l’exception de deux  moments : La nidification pour atteindre les plages (ponte) et l’éclosion des œufs pour rejoindre la mer après une période d’incubation de 90 jours, soit deux mois environ. La maturité sexuelle est à environ 20 ans.
 La concentration sur les plages se fait durant la saison des pluies et plus ponctuellement à la saison sèche, variant de 3 à 6 fois dans un intervalle de 12 à 14 jours et pouvant bâtir jusqu’à 12 nids. Ce procédé dure de longues heures. Entre ces périodes elles cherchent à se reproduire. Normalement les zones de ponte correspondent aux lieux de leur propre éclosion, elles reviennent le plus souvent au même endroit. Entre le moment de reproduction et de ponte, elles migrent vers le nord, comme l’a confirmé les suivis de tortues dans la zone de ZEE en Mauritanie.


Les études réalisées dans les îles Bijagos, confirment la présence de 5 des 8 espèces de tortues marines mondialement connues, à savoir : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue olivâtre (Lepidochelys Olivacea), la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), la tortue Caouanne    (caretta caretta) et la tortue luth (Dermochelys Coriacea).
Il existe peu de données sur les sites d’alimentation sauf pour la tortue caretta qui semble rester sur la zone de Bolama-Bijagos. Les deux campagnes de marquage des femelles sur l’île de Poilao, où les tortues vertes prédominent, ont permis d’établir les résultats suivants 

Tant Poilao que les îlots de Meio, Caravela, Joao Vieira et Cavalos sont des sites importants pour la reproduction de la tortue verte. La population est estimée entre 6000 et 10 000 individus, constituant de ce fait l’espèce la plus abondante. La tortue olivâtre et la tortue luth sont moins importantes numériquement mais les études réalisées en 1983 ont montré que 150 à 200 individus de chaque espèce se trouvaient sur les plages du sud du Parc National d’Orango.
L’effectif des animaux présents ainsi que les divers inventaires réalisés jusqu’à ce jour démontrent l’importance de l’archipel de Bolama-Bijagos, comme étant une zone écologique africaine et mondiale de priorité. La grande occurrence de ces espèces est également un bon indicateur de l’état de qualité environnementale de la Réserve de Biosphère, la dynamique de la population et leur fréquence dans l’archipel sont le reflet d’un état d’équilibre actuel des écosystèmes marins.

Programme de conservation des tortues marines dans l’archipel des Bijagos

La création de la réserve de biosphère de Bolama-Bijagos (avril 1996), travaille avec l’INEP(1), avec l’appui financier et technique de l’IUCN(2) qui a débuté en 1992 par du suivi et télémétrie et sous tutelle de l’IBAP(3) depuis 2000. L’objectif du programme de conservation des tortues dans les parcs nationaux marins est :

- Assurer à long terme et au niveau régional l’équilibre des populations de tortues marines
- Sensibiliser les populations locales de l’archipel et le grand public à travers des campagnes d’éducation et sensibilisation environnementale afin d’assurer la responsabilité de la protection des tortues
- Emergence et développement d’alternatives économiques durables comme par exemple le tourisme écologique permettant la préservation de cette espèce


- Créer un groupe de recherche national orienté vers la gestion de la faune sauvage dont les objectifs sont les suivants :

  1. Estimer et évaluer la tendance de l’évolution des populations des différentes espèces de tortues abondantes sur l’archipel, avec une perspective de gestion durable
  2. Définir et établir des mécanismes de gestion sur les zones de ponte
  3. Evaluer le niveau de perdition des tortues et en déduire les causes
  4. Définir des zones centrales et périphériques protégées, terrestres et marines
  5. Identifier et définir des moyens de conservation des tortues, surtout en relation au secteur des pêches et du tourisme

- Etendre les connaissances scientifiques sur les tortues avec l’adoption de méthodes et stratégies pour leur protection, recueil et traitement des données concernant l’archipel
- Intégrer les aspects de conservation des tortues dans le plan de gestion de la réserve dans une perspective de planification de l’utilisation multiples des espaces et de leurs ressources
- Préserver le statut socioculturel et économique des tortues dans les sociétés traditionnelles Bijagos
- Proposer une législation et des règlements de conservation

Principales menaces pour les tortues marines

Les principales menaces pour les différentes espèces qui fréquentent l’archipel sont liées à l’action des prédateurs naturels, à l’action anthropique et à la dégradation du milieu.
Depuis quelques années, on constate un déclin des populations de tortues. Les prédateurs sont  multiples : poissons carnivores, iguanes (Varanus Spp.), l’Oxypode cursor, les oiseaux spécialement Corvus albus et l’homme, à travers ces activités de pêche, de collecte d’œufs…
D’autres facteurs contribuent à la mortalité : l’émission polluante d’hydrocarbure, l’ingestion de sacs plastiques ou l’ «érosion des plages.
Fréquemment les nids sont découverts par l’érosion due à la marée, surtout en période de hautes eaux, provoquant la détérioration des nids. Sur l’île de Poilao du fait de la faible superficie de plage, on rencontre une forte densité de nids, permettant la découverte de nombreuses femelles en train de construire leurs nids.

Un autre facteur significatif sur la mortalité des tortues marines est le développement de la pêche artisanale et semi-industrielle dans la région. De nombreux canoës traditionnels viennent pêcher dans les eaux de l’archipel. Une grande partie d’eux pêchent les requins et d’autres espèces, pêche soit disant accidentelle de tortues ! Cette pratique se concentre essentiellement dans les horizons du complexe des îles de Joao Vieira e Poilao, dans les canaux des îles de Orango et Bubaque et sur les bancs de sable des îles de Carache et Unhocomo et Unhocomozinho. Ces pêcheurs développent des techniques de pêche très discrètes, utilisant des filets de fond de plusieurs kilomètres reliés aux canoës, sans bornes de signalisation et qui avec des auxiliaires GPS sont localisés et relevés 24 heures après la pose. Ces zones de pêche, coïncident avec les aires utilisées par les tortues marines comme corridors et/ou zones de reproduction.

Les captures accidentelles de pêche industrielle sont actuellement estimées à 300 individus environ, et seulement  20 % seraient relâchés en mer encore vivants et 10% meurent avant de pouvoir les livrer à la mer. L’impact de la prédation des œufs et des juvéniles sur les populations de chaque espèce, ne se fera ressentir que plus tardivement.

Les tortues marines dans l’imaginaire Bijago

Pour les Bijagos les tortues marines sont des animaux sacrés et de grande valeur qui doivent être préservés. Une fois capturées, ils peuvent seulement les consommer après avoir accomplis une cérémonie effectuée à la porte de la maison sacrée (Baloba) du village, ensuite le partage se fait en fonction des familles.
La tête reste dans la Baloba pour un  « Don do chao ». L’objectif de cette cérémonie est de garantir la reproduction des tortues marines de manière à ce que les Bijagos ne manquent jamais de viande lorsqu’ils en ont besoin. Ce rituel est encore très présent, surtout lors de la première capture de l’année.
Nombreuses croyances perdurent, la tortue luth par exemple, est considérée comme la réincarnation d’une âme d’une personne morte qui pleure pour être libérée quand elle est capturée ou hors de l’eau.( toutes les espèces ont des larmes lorsqu’elles sont hors de l’eau)

Une question pertinente peut se poser dans ce contexte : pourquoi les Bijagos sont tant liés à la nature et ont une relation mystique avec leur milieu, capturent, tuent et consomment de la viande et des œufs d’un animal menacé d’extinction de part le monde.
Une première hypothèse serait de dire que les tortues marines bien qu’elles soient menacées, sont une espèce occurrente et abondante dans l’archipel, et pour cela ce n’est pas encore un sujet de  préoccupation. De plus il serait absurde d’interdire la consommation de tortues marines aux Bijagos par des moyens législatifs encore plus rigoureux.


1 Institut National des Etudes et Recherches

2 Union Internationale pour la Conservation de la nature

3 Institut de la Biodiversité et Aires Protégées


Par Claire Bernatets
Photos : Cristina Schwartz

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